Historique de la ville

La ville de Wervicq-Sud est, bien qu’il soit difficile de l’imaginer à la vue de l’agglomération actuelle, l’une des plus anciennes de la région Nord Pas de Calais.

L'époque gallo-romaine

On retrouve sa trace dès l’époque Gallo-romaine où elle est énumérée sur l’itinéraire d’Antonin (III ème siècle), sorte de guide Michelin de l’époque, puis plus tard sur la table de Peutinger. Wervicq est alors assimilée à Viroviacum, relais et lieu où il était le plus facile de traverser la Lys sur la grande voie romaine reliant Boulogne à Cologne. Halte de repos entre bases militaires et centres commerciaux, Wervicq et son plan en damier compte alors à peu près 2000 habitants.

S’ensuit une période beaucoup plus sombre pour la ville, elle correspond à la longue agonie de l’Empire Romain qui subit les invasions incessantes des tribus germaniques s’installant en grande masse en Gaule. À partir du III ème siècle, Wervicq, comme poste de relais mais également en tant que ville, disparaît peu à peu.

Atlas de l'histoire du monde - R. E. De Keyser et H. Leclerq-  Ed. Wolters / Louvain - 1983

Le moyen-âge

Il faut attendre 1090 pour retrouver trace de Wervicq dans les écrits de l’archevêque de Tournai.
Au 11 ème siècle, la ville retrouve son lustre passé grâce au développement de sa draperie qui devient un produit très recherché à cette période. On en expédie dans tout le monde connu de l’époque : Italie, France, Russie, Espagne, Pologne, Asie Mineure. La ville s’enrichit et le célèbre chroniqueur du Moyen Âge, Froissart, la décrit comme « une grosse ville avec hostels tous plains de draps, de pennes, d’or et d’argent ».

Cette phase positive pour la ville durera 4 siècle pour s’achever au 15 ème siècle où s’ouvre une ère beaucoup plus malheureuse pour la cité.
Wervicq doit faire face à toutes sortes de fléaux : épidémies de peste, guerres, nombreux pillages, notamment 1419 et 1436, plusieurs incendies qui ravagent la ville. La draperie wervicquoise, suite aux départs des financiers italiens, ne s’en remettra pas.

L'époque moderne

Le 16 ème siècle continue sur la voie de la déchéance. Les malheurs du siècle précédent on fait naître de nouvelles idées sociales et religieuses, par exemple les doctrines de Luther et Calvin, qui trouvent, sous l’influence des Gueux, une terre favorable à Wervicq.
Cette audace vaudra à la cité une répression des plus sanglantes marquée par une vague d’exécution menée au nom du roi d’Espagne de 1566 à 1573 puis par la destruction de la ville lors de la guerre des mécontents en 1578.
 la fin de ce siècle, Wervicq compte moins de 1000 habitants.

Le 17 ème siècle constitue une nouvelle étape marquante pour la cité wervicquoise. Les conquêtes de Louis XIV en 1667 coupe la ville en deux avec pour frontière naturelle la Lys. La partie Nord se retrouve sous influence autrichienne et suivra le sort des provinces belges, la partie Sud sous influence française est rattachée à la Flandres maritime et correspond au début de l’entité Wervicq-Sud. Cette division sera scellée par les traités d’Utrecht en 1713.
Durant ce même siècle, le textile tend à disparaître au détriment de la culture du tabac développée, comme le veut la légende, par le Wervicquois le plus célèbre : Jehan Van d’Helle.

L'époque contemporaine

Lorsque arrive la Révolution, Wervicq-Sud devient une véritable commune indépendante. La paroisse est crée en 1802 dans une chapelle en attendant la première église construite en 1827.

Église de wervicq tranforme en hôpital

La première Révolution industrielle permet le développement de cette nouvelle ville qui passe de 1262 habitants en 1804 à 3075 en 1874.
Les usines textiles implantées sur le territoire communal attirent une forte immigration de travailleurs étrangers, notamment belges, et sont aussi la cause d’une véritable pagaille quotidienne sur le pont enjambant la Lys qui voit passer des milliers de travailleurs frontaliers.

La première guerre mondiale

C’est dans ce contexte favorable qu’arrivent la Première guerre mondiale et ses conséquences désastreuses pour la ville.
A l’arrière immédiat du front, Wervicq-Sud sert de lieu de repos et d’hôpital pour les soldats allemands. A noter que durant cette période des personnages célèbres historiquement feront un bref passage dans la commune, notamment Adolf Hitler, qui après avoir était gazé a été soigné dans le château blanc, lieu où le peintre allemand, Max Beckmann, l’un des pères fondateurs de l’expressionnisme, exerçait en tant qu’infirmier.

En 1917, les habitants reçoivent l’ordre de quitter la ville avant que celle-ci ne soit complètement détruite sous les bombardements alliés.

La reconstruction se fait difficilement et la population ne revient qu’au compte goute.

Dans les années 50, un nouvel essor...

A la veille du second conflit mondial, Wervicq-Sud ne compte que 2002 habitants.

C’est à partir de 1950 que Wervicq-Sud renoue avec l’essor. Malgré la crise industrielle, le tissu économique wervicquois reste encore majoritairement marqué par une activité industrielle textile.
Sur le plan démographique, la population n’a, elle, cessé d’augmenter pour atteindre en 2005 près de 4700 habitants et celle-ci devrait encore s’accroître avec le développement de nouveaux quartiers d’habitations en centre ville, sur la Friche Dalle et aux abords de la Lys.